Étude des crédits budgétaires : Devant des coupes inédites, le mouvement communautaire demande des engagements concrets du gouvernement

Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate

QUÉBEC, le 14 mai 2026 – Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) sera présent pour l’étude des crédits budgétaires jeudi pour dénoncer des coupes et gels de subventions inédits du gouvernement caquiste en matière d’action communautaire autonome. Dans un contexte de mobilisation sans précédent, le mouvement réclame des engagements concrets avant la fin de la session parlementaire : un investissement d’urgence et l’ouverture d’une véritable table de négociation.

Les porte-paroles seront disponibles à 13h, à la sortie de la Salle Marie-Claire-Kirkland pour rencontrer brièvement les médias.

Des coupes qui révèlent la fragilité du secteur communautaire

Depuis deux ans, le gouvernement impose des coupes et gels sans précédent à l’action communautaire autonome dans au moins quatre ministères :

  • Éducation : Le non-renouvellement d’une aide de 400 000 $ à Co-Savoir fragilise un organisme qui outille des groupes en éducation des adultes et en alphabétisation depuis plus de 40 ans.
  • Immigration : Le programme PASI est gelé depuis deux ans, alors que la demande a bondi de 10 %.
  • Environnement : Des groupes écologistes naviguent à vue depuis l’expiration de leurs protocoles le 31 mars dernier.
  • Télés communautaires: Coupure de 15 000$ à la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec, communiqué sans préavis à la veille de la fin de l’année financière.

Ces situations ne sont pas des cas isolés, elles sont les symptômes d’un sous-financement chronique et de choix politiques que des annonces de façade ne peuvent pas masquer. En tant que Ministre responsable de l’action communautaire, Madame Rouleau sera questionnée sur ces coupures et appelée à s’engager à faire pression sur ces collègues pour rétablir les financements coupés.

« Jamais, depuis l’adoption de la Politique de reconnaissance de l’action communautaire en 2001, un gouvernement ne s’est permis de couper de manière aussi ciblée et systématique dans des programmes dédiés à l’action communautaire autonome, s’indigne Caroline Toupin, coordonnatrice du RQ-ACA. Le gouvernement semble vouloir réduire son déficit sur le dos des personnes les plus vulnérables et d’un secteur déjà en crise. »

Des attentes claires — et une échéance qui approche

Le mouvement communautaire demande l’injection d’un fond d’urgence et l’ouverture d’une table de négociation en vue d’un investissement structurant. Mais la fin de la session parlementaire approche, et chaque semaine d’inaction se traduit en organismes qui ferment, en travailleuses qui partent, et en personnes vulnérables qui perdent des services.

« Nous prenons acte de la récente ouverture du cabinet de la Première ministre à entamer un dialogue et nous y voyons une occasion réelle, affirme Mme Toupin. Mais que les choses soient claires : cette ouverture ne ralentit pas la mobilisation. Elle l’oriente. Le gouvernement a encore le temps de répondre aux cris du cœur du mouvement, plutôt que d’en faire un enjeu électoral.»

CITATIONS

« Depuis maintenant 2 ans,  le budget du programme d’accompagnement et de soutien à l’intégration (PASI) du MIFI qui finance les services aux nouveaux arrivants est gelé. En même temps, les organismes constatent une augmentation de la fréquentation de leurs services de l’ordre de 10% par année. Les organismes communautaires du secteur de l’immigration demandent au gouvernement que les services offerts aux nouveaux arrivants soient financés à leur juste valeur. »
Stéphan Reichhold, Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)

« Les protocoles des deux seuls programmes de financement destinés aux groupes écologistes d’ACA prennent fin le 31 mars 2026 et, début février, aucun des 19 groupes concernés n’a reçu d’information sur un renouvellement ou une fin de financement. Les fonctionnaires n’ont pas d’indications et les ministres responsables, Bernard Drainville et Chantal Rouleau, ne répondent pas. Nous craignons une répétition de 2023, lorsque le ministère de l’Environnement avait exclu tous les groupes sans préavis pour lancer un nouvel appel à candidatures. Après onze mois d’attente, certains groupes avaient été jugés non alignés avec la mission du ministère — une approche qui relève du financement par projet plutôt qu’à la mission et qui porte atteinte à l’autonomie des groupes. Maintenir les groupes écologistes dans ces conditions est inacceptable. »
— Chantal Levert, Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)

« Nous dénonçons le désengagement brutal et opaque du ministère de l’Éducation envers Co-Savoir. En retirant le financement des programmes Services documentaires informationnels (SDI) et Espace Alpha, le gouvernement ampute un tiers de notre budget et rompt 15 ans de soutien récurrent au détriment des groupes en alphabétisation et en éducation des adultes. C’est une expertise unique, bâtie sur plus de 40 ans, que le milieu communautaire, et la société québécoise dans son ensemble, ne sauraient se permettre de perdre. »
— Cyrielle Casse, Co-Savoir 

« Alors que le gouvernement affiche des objectifs de protection de l’information locale, le ministère de la Culture et des Communications vient de sabrer 15 000 $ dans le budget de la Fédération qui soutient l’ensemble du réseau des télévisions communautaires du Québec — sans délai raisonnable et sans marge d’ajustement. Dans un contexte où les médias régionaux et locaux font face à des défis économiques majeurs, affaiblir la structure qui coordonne et soutient ces médias de proximité envoie un signal pour le moins contradictoire. »
— Amélie Hinse, Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec 

 

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Source : Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)

Contact média :
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