Initiative immobilière communautaire : le RQ-ACA exprime ses préoccupations quant à l’utilisation des fonds

Communiqué de presse
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Tiohtiá:ke/Montréal, le 12 mai 2026 / CNW /– Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) exprime sa vive inquiétude à la suite de l’annonce de la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire concernant l’Initiative immobilière communautaire. En redirigeant des fonds initialement destinés à des subventions vers un mécanisme de prêts, le gouvernement s’éloigne des engagements inscrits dans son propre Plan d’action gouvernemental en action communautaire (PAGAC 2022-2027).

Depuis des années, les organismes communautaires alertent sur la crise des locaux : hausses de loyers, menaces d’éviction, bâtiments vétustes et rénovations urgentes à financer. Cette réalité met directement en péril des activités et des services essentiels à la population dans toutes les régions du Québec.

Or, au lieu de mettre en place un programme de subventions accessible, prévisible et adapté aux besoins du milieu — tel que prévu au PAGAC — le gouvernement choisit d’investir les sommes dans un fonds destiné à générer des prêts hypothécaires. Cette orientation risque d’endetter davantage des organismes déjà fragilisés financièrement.

« À l’origine, ces fonds devaient servir à des subventions directes aux organismes communautaires, pas à les endetter par des prêts hypothécaires », rappelle Caroline Toupin du RQ-ACA. D’autant plus qu’actuellement, les normes gouvernementales rendent inadmissibles, pour plusieurs organismes, les dépenses liées aux rénovations ou à l’acquisition d’immeubles. Le résultat est clair : les besoins sont connus, mais la réponse est inadaptée au contexte actuel ».

Le RQ-ACA reconnaît que l’acquisition collective peut faire partie de la solution et convenir à certains organismes. Toutefois, les propres données ministérielles démontrent que la majorité des groupes sont locataires et ne souhaitent pas devenir propriétaires. Imposer une logique d’endettement comme réponse principale à une crise structurelle constitue, pour le RQ-ACA, un contournement des objectifs du plan d’action et un recul par rapport à l’engagement de soutenir directement les organismes.

Cette décision survient dans un contexte où le milieu communautaire est à bout de souffle. Les travailleuses et travailleurs sont épuisé·e·s, les organismes peinent à maintenir leurs activités et les besoins de la population augmentent.

Le RQ-ACA réitère donc ses demandes : une injection immédiate et urgente de 360 M$, la mise en place d’une table de négociation et un plan de rattrapage structurant, intégré au plan d’action gouvernemental, visant à injecter 2,6 G$ supplémentaires d’ici 5 ans.

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Source – Réseau québécois de l’action communautaire autonome

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Meaghan Johnstone
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