Sondage exclusif: 88 % de la population appuie un financement du communautaire

Sondage exclusif: 88 % de la population appuie un financement du communautaire. Par Mickaël Bergeron, La Tribune. 22 septembre 2026 à 18h00

Chronique

Près de neuf personnes sur dix se disent préoccupées par le sous-financement du communautaire, selon un sondage commandé par le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA). Un appui plus fort qu’il y a dix ans.

Ce n’est pas un hasard si le sondage sort pendant les élections provinciales. Le communautaire est dans une large mobilisation nationale, avec le mouvement «Le communautaire à boutte». Le 15 septembre dernier, plus de 5000 travailleuses et travailleurs du communautaire ont manifesté dans les rues de Trois-Rivières.

C’est le troisième sondage commandé par le RQ-ACA depuis 2017. En 2017, 84 % considéraient que les organismes communautaires devraient avoir un meilleur financement. En 2020, c’était 81 %. En 2026, l’appui grimpe à 88 %.

Pour le cocoordonnateur et responsable des dossiers politiques du RQ-ACA, Tristan Ouimet Savard, ce soutien populaire est important. «L’appui grandit et est très majoritaire, ce n’est pas un accident du sondage qu’on vient de faire», mentionne-t-il.

«Les Québécois et les Québécoises veulent prendre soin de leur monde, ajoute le cocoordonnateur. Ils savent que le communautaire est aux premières lignes. Ils comprennent que les besoins sont grands, mais aussi que les travailleurs et travailleuses ont besoin de conditions de travail décentes.»

Tristan Ouimet Savard rappelle aussi que les besoins ont augmenté. On donne souvent l’exemple que les banques alimentaires sont maintenant fréquentées par des gens de la classe moyenne. «Depuis une dizaine d’années que le communautaire sonne l’alarme sur les inégalités qui augmentent et que personne n’est à l’abri de la précarité.»

L’itinérance est un sujet bien présent dans cette campagne, plus qu’à l’habitude. «Le communautaire a une vision globale de l’itinérance», nuance le cocoordonnateur du RQ-ACA.

«L’itinérance, c’est la pointe de l’iceberg d’une série de discriminations et d’angles morts structurels qui échappent des gens. Mais une course électorale est effrénée, des punchlines qui vont rarement en profondeur, mais en agissant sur l’itinérance, on peut renforcer d’autres droits qui vont bénéficier à tout le monde, comme parler de logement ou du droit à la dignité.»

«La population est avec nous, 95 % reconnaissent le rôle essentiel du communautaire, 88 % réclament un financement accru. Donc, quel parti va s’engager?»

—  Tristan Ouimet Savard, cocoordonnateur du RQ-ACA

Visiblement, la mobilisation met de la pression sur les partis. Québec solidaire, le Parti libéral du Québec et le Parti québécois soutiennent le financement à la mission, plutôt qu’aux projets, un système qui oblige les organismes à toujours déposer de nouveaux projets pour offrir le même service essentiel et à mettre beaucoup d’énergie dans la paperasse plutôt que les services.

«On constate une avancée, dans la mesure où des partis parlent de financement à la mission, mais on ne peut pas se contenter de ça. Concrètement, qu’est-ce ça veut dire? Vont-ils augmenter le financement à la mission, transférer le financement à projets vers la mission? Vont-ils réduire les embûches administratives», se demande Tristan Ouimet Savard.

Pour le moment, Québec solidaire a parlé de financer à hauteur d’un milliard de dollars et le Parti libéral d’investir 200 millions de dollars sur quatre ans. Le Parti québécois propose de simplifier les démarches administratives. Le Parti conservateur du Québec souhaite stabiliser le financement. La Coalition avenir Québec se défend d’avoir augmenté le financement ces dernières années.

Du côté du Communautaire à boutte, les revendications se regroupent en cinq grands points: permettre des conditions de travail décentes; le financement à la mission et une indexation qui suit le coût de la vie; une reconnaissance pleine et entière de la valeur et de l’expertise du communautaire; la protection et de l’autonomie du communautaire; reconnaître le communautaire comme un pilier et non comme un sous-traitant de l’État.

Afin de maintenir la pression sur les partis politiques, le milieu communautaire compte se faire voir et entendre mercredi devant les studios de Radio-Canada avant le débat électoral.

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